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Négociation préliminaire [Aaron Winston]

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MessageSujet: Négociation préliminaire [Aaron Winston] Ven 21 Fév - 16:10



    L'affaire que devait défendre aujourd'hui l'avocate Elizabeth Grimms n'était malheureusement pas fort facile. De toute façon, rares étaient les affaires qui l'étaient... Elizabeth avait pleinement et parfaitement conscience que son métier la mettait face au pire de ce qui existait chez l'être humain. Elle l'avait choisi pour donner aux victimes une chance de se défendre … Mais quand les victimes en question ne pouvaient plus être là pour se défendre elle-même, c'était encore plus désagréable. Pourtant, il le fallait bien, pour la famille, les amis ou tout autre personne qui était cruellement en manque de la personne disparue.

    C'était la famille de la victime qui était venue la chercher, lui demandant de bien vouloir prendre la défense d'une jeune femme, décédée dans des circonstances terribles, quelques mois plus tôt. C'était une toute jeune femme, plus jeune qu'Elizabeth même, qui avait selon toute vraisemblance été tuée par son petit ami. Quand elle avait lu le dossier et rencontré la famille de cette jeune femme, Elizabeth avait été marquée par le gâchis qui avait été entourée cette vie. Allison Applewhite était une prosituée, Elizabeth n'avait pas tardé à s'en rendre compte. Mais sa famille pensait qu'elle aurait pu changer de voie, ces derniers temps, elle leur avait parlé de projets extrêmement intéressants. Elle n'en aurait jamais l'occasion maintenant… Et elle laissait derrière elle des parents et des frères et soeurs extrêmement choqués par ce qui avait pu se passer

    Les preuves étaient accablantes, contre Edward Drake et Elizabeth Grimms comptait bien lui faire payer ce crime autant qu'elle le pouvait. En effet, elle estimait que qui qu'ait été sa cliente, elle ne méritait pas une mort aussi atroce. Ce lâche de Drake s'était d'ailleurs enfui, ce qui dégoûtait Elizabeth. Cet homme n'assumait absolument rien des actes qu'il avait pourtant perpétué. Ce n'était pas étonnant que ce soit le cabinet Catwright qui ait pris en charge le dossier, dans ces conditions. Ce cabinet était clairement à l'opposé de l'éthique de Elizabeth. Des avocats comme elle détestait rencontrer, en fait.

    Malgré tout, elle n'avait pas pu refuser une conciliation avant audience et devait rencontrer l'avocat de la partie adverse. Ils avaient décidé de se retrouver pour discuter de cette affaire, et Elizabeth avait proposé un café assez désert en général, aux abords du Tribunal. Ils n'auraient ensuite plus qu'à aller plaider. Le Bureau était un café assez peu intéressant, à l'odeur particulière et dont les seuls clients étaient des poivrots. Mais ce serait l'endroit parfait pour discuter discrètement. Arrivée la première, elle commanda un jus d'orange -qu'elle ne boirait très certainement pas, étant donné l'état assez horrible des verres et attendit que son contradicteur vienne la rejoindre. Elle se demandait quelles propositions allaient faire la partie adverse, tant du point de vue de Elizabeth, la partie serait rapidement gagnée: tout était à l'encontre du client du cabinet Catwright.

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MessageSujet: Re: Négociation préliminaire [Aaron Winston] Sam 22 Fév - 10:48

Il fallait bien se l'avouer, Eddy était mal parti,fort mal parti même,et ,sauf à obtenir un abandon des poursuites pour vice de procédure,je n'avais aucune chance de le sauver compte tenu des charges accablantes pesant sur lui. Aussi lui avais-je immédiatement conseillé de se mettre à l'abri en Europe dés l'obtention de sa liberté provisoire.
Qu'il tue sa poule du moment, égaré par quelque emportement mal maitrisé en raison de son âge déjà avancé, j’admettais. Mais qu'il s'offre en plus le luxe de résister à son arrestation,en blessant même un policier,c'était trop. Eddy avait beau avoir envie de prouver qu'il était un homme, un vrai dur,même à bientôt 70 ans, il avait au final juste démontré que l'orgueil conduit à commettre d'incommensurables idioties.
Les chances d’obtenir un vice de procédures étaient faibles. J'avais étudié le dossier et l'enquête menée par ce fouille merde de Burnam était rigoureuse et sans fausse note. Cet emmerdeur était un pro,il fallait l'avouer,et ça m'agaçait au point de presque basculer dans sa vulgarité crasse en pensées!
Je ne désespérais pas cependant d'arriver à suffisamment falsifier le dossier pour que le travail de Burnam soit invalidé. Il en avait déjà couté une coquette somme à Eddie pour soudoyer l'homme de ménage du greffe afin qu'il fasse disparaitre l'arme du crime du local des scellés. Une preuve à charge de moins, me donnant un angle d'attaque pour tenter de discréditer les rapports de Burnam...Et je travaillais à affaiblir encore leur portée,car il restait malgré tout les expertises de l balistique pour attester qu'une arme avait bien été saisie. Je pouvais au mieux induire la suspicion dans l'esprit des jurés quand au sérieux de la police par ce biais,et donc les préparer à admettre qu'au final, l'enquête était irrecevable car bâclée.

Mais j'étais pris par le temps et je ne serais ,cet après midi, pas du tout en mesure de plaider en ce sens. Tout ce que j'espérais, c'était limiter l'impact financier, comptant demander une révision ultérieure du procès pour casser l'aspect pénal ultérieurement. Le policier blessé promettait d'être particulièrement délicat à gérer, d'autant que la conciliation à l'amiable avec lui pour les indemnités financière était mal engagée.

Bref Eddy était fort mal parti et je le savais!

Maitre Grimms m'avait proposé de nous retrouver pour les tractations préliminaires à l'audience, non au palais, mais dans un café proche. L'endroit était sordide, et j'évitai soigneusement de trop toucher les murs et le mobilier, redoutant de définitivement ravager mes vêtements en étoffes délicates.
Avant de la rejoindre à la table poisseuse où elle s'était déjà installée, je vérifiai discrétement dans un miroir terni par la crasse la symétrie du nœud de ma cravate. On avait beau être dans un bouge, je tenais à préserver mon image soignée en présence de mon adversaire.
Je ne la connaissais que de réputation. On disait d’elle qu’elle avait encore la naïveté de croire à une idée de justice égalitaire. Cependant, elle ne semblait pas faire partie des idéalistes exaltées. Elle avait une réputation de pondération et de sérieux,et si j'avais été véritablement victime d’une injustice flagrante, je pense que j'aurais pu choisir un avocat de sa trempe pour assurer ma défense.
Elizabeth Grimms était une femme au visage avenant et c'était un mauvais point pour moi. Le charme est un facteur parfois décisif dans le cadre de négociation, et plaider, c'est aussi, bien souvent ,séduire un peu,non?

Décidément, une affaire ou soufflait trop souvent les vents contraires pour que je puisse la mener avec ma sérénité coutumière. Je détestais véritablement me charger de dossiers quasi implaidables, mais que pouvais-je refuser à un homme que je connaissais depuis mon enfance?

Je me dirigeai vers elle la main tendue, un sourire engageant aux lèvres. Le match allait commencer,et je ne venais pas vraiment avec un bon espoir de le gagner, mais d'avantage en escomptant limiter les pertes.

Maitre Grimms,quel joie d'enfin vous rencontrer.

Le serveur traina ses pieds vers nous, avec le tonus d'un lémurien fraichement extrait de sa dernière sieste et je m'en débarrassai vivement en l'envoyant quérir un café, non sans avoir proposé à Maitre Grimms de renouveler sa consommation.

Je m’assis en face d’elle, mettant un embarras léger mais perceptible dans mon regard afin d’entamer les pour parler. L'affrontement direct était un choix que je prisais fort peu, et, qui plus était, était souvent le meilleur moyen de pousser le protagoniste à camper plus fort sur ses positions, surtout lorsque c'était une personne qui agissait par conviction.

Bien, entrons directement dans le vif du sujet, voulez ,vous? Il faut reconnaitre que mon client a fort peu de chance de s'en tirer à bon compte....

Et j'ajoutai pour susciter sa sympathie, avec un léger trémolo sensé trahir une indignation dans la voix

Et de vous à moi, c'est justice!

Puis feignant me reprendre, adoptant un ton plus neutre

Mais voila, je dois tenter de négocier au mieux sa peine...Ca fait partie des règles de l'institution, nous le savons tous deux... Donc, ,envisageriez vous d’abandonner les poursuites au nom de votre client contre un dédommagement juste, en regard du préjudice dont il est victime?
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MessageSujet: Re: Négociation préliminaire [Aaron Winston] Sam 22 Fév - 14:18



    Elizabeth reconnut assez nettement ce cher avocat -Aaron Winston- quand il pénétra dans le café miteux où elle lui avait donné rendez-vous. Il arriva à sa place et elle le salua poliment, sans aucune chaleur excessive. Elle était habituellement, pourtant, une jeune femme tout à fait douce et agréable, chaleureuse et également désireuse que les choses se passent bien. Toutefois, elle connaissait son adversaire par coeur et elle refusait donc – et se convainquait qu'elle avait raison – de faire des quelconques efforts particuliers. Sans dire un mot, elle le laissa passer commande, refusant elle-même de reprendre quelque chose, la couleur du verre dans lequel on avait versé son jus d'orange l'avait rapidement calmé dans son envie de boire pour se rafraîchir.

    Toujours sérieuse, Eli laissa son collègue commencer. Après tout, de son point de vue, c'était lui et son client qui avait besoin de cette négociation. Pas les pauvres parents de la victime. Elle n'hésiterait donc pas à être aussi inflexible qu'elle en était capable. En attendant, elle devait bien avouer qu'une certaine curiosité naissait en elle en voyant Aaron Winston commençait à parler. Qu'allait-il essayer de lui proposer ? Comment réagirait-elle ? Allait-il jouer franc jeu ? Bien des questions se bousculaient dans la tête de la jeune femme, qui attendait en vérité de voir à quoi elle allait être confrontée.

    La jeune femme était bien décidée à ne pas se laisser abuser par cet homme. Elle savait quels genres de méthodes il était capable de mettre en place pour arriver à ses fins et il était hors de question qu'il se joue d'elle. La vie d'une femme était en jeu et la dignité d'une famille et pour cela, Elizabeth était prête à devenir une louve, elle habituellement aussi douce qu'un agneau. Son métier la transcendait, lui apportant le courage et la fougue qu'elle n'avait pas dans sa vie privée.

    Le petit numéro commença alors. Aaron Winston essayait de manière assez claire de faire pleurer dans les chaumières. Elizabeth essaya de se blinder et se répéta les raisons pour lesquelles elle ne devait rien céder face à l'avocat d'un homme qui s'était lâchement enfui, alors qu'il avait été libéré sous caution -au passage, le cabinet payait ainsi les frais de sa mauvaise décision de soutenir cet homme – et qu'il avait selon toute vraisemblance tué une femme.

    C'est alors qu'il fit sa proposition. Abandonner les poursuites ? Elizabeth releva la tête, fièrement. Il était absolument hors de question qu'une chose pareille arrive, même contre rétribution. La famille de la victime voulait que justice soit faite et non pas de l'argent. Elle croisa le regard de l'avocat. “-Retirer les poursuites ? Vous croyez encore au Père-Noël, Maître Winston ?” Son était assez cassant -c'était là le plus dur qu'elle soit capable de faire et ce n'était peut-être pas très convaincant. “-Je ne sais pas ce que vous vous êtes imaginés de cette négociation mais je puis vous assurer qu'elle ne vous permettra pas d'éviter des poursuites.” Elizabeth était prête à un compromis pour qu'il plaide coupable. Mais ça s'arrêterait là.

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MessageSujet: Re: Négociation préliminaire [Aaron Winston] Dim 23 Fév - 16:36

Je m'attendais à ce qu’elle se rebiffe. L'avantage avec les gens honnêtes, c'est qu'ils sont prévisibles et c'est somme toute reposant et rassurant. Mais Maitre Grimms n'avait pas pour autant la réputation d'être une imbécile, et il ne me fallait pas trop compter sur ce maigre avantage pour la manipuler aisément. Les honnêtes gens ont aussi ceci de détestable: Ils ont du mal de transiger avec l'éthique pour arriver à des compromis intéressants. Et pourtant la proposition que j'escomptais lui faire accepter n'était pas totalement dépourvue d'intérêt pour son client.
Une indemnité immédiate,dont le montant pouvait être relativement conséquent,serai surement plus avantageuse qu'une adjudication à verser des dommages compensatoires dont l'exécution serait des plus longue à obtenir, si tant est que la solvabilité officielle d'Eddy permette au final d'obtenir la totalité de la somme exigée. J'avais la réputation de me montrer redoutablement efficace lorsque je décidais de partir sur une démarche procédurière, et elle ne pouvais l'ignorer.
Un bon arrangement vaudrait sans doute mieux qu'un mauvais procès, sur le plan financier pour mes adversaires.

Il me fallait essayer d'adoucir le ton de la conversation pour induire l'idée de connivence objective qui pourrait la décider à œuvrer et pour la cause d'Eddy, et pour celle de son client!. Envoyer des signaux d’apaisement...sourire avec douceur et compassion,parler calmement, sans hausser le ton. Ne pas s'emporter surtout mais laisser suffisamment de chaleur dans ma voix pour ne pas basculer dans le rôle antipathique du froid calculateur

Maitre,nous ne sommes pas à la barre. Même si tout à l'heure je devrai avec toute la mauvaise foi, hélas,qu'impose notre métier, défendre mon client, je viens vous voir pour vous garantir une indemnité pour les victimes que vous défendez

J'avais pris soin de ponctuer mon hélas d'un soupir discret, et de mettre une forme de tristesse sur mes traits en songeant à une chose désagréable à cet instant pour être certain d'être convainquant. Un soupir que je n'avais pas trop appuyé, comem si le légendaire Aaron Winston ,intransigeant voulait retenir une forme d'empathie sincère qui lui échappait.

Dans l'intérêt de tous,croyez moi,il serait judicieux d'étudier ma proposition qui ,certes vous heurte de prime abord, je le conçois, mais est au fond profitable à votre client aussi. Songez que si une belel somme ne remplacera jamais un être cher, elle peut contribuer à adoucir ,les aider à rendre le deuil moins...douloureux

J'avais mimé la souffrance pour bien appuyer le dernier mot de ma phrase. Maitre Grimms n'était une femme de coeur... Elle saurait je l'espérait apprécier ma sensibilité aux malheurs de cette famille durement éprouvée...par cet impulsif stupide d'Eddy qui aurait pu faire le boulot proprement, tout de même!
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MessageSujet: Re: Négociation préliminaire [Aaron Winston] Mar 25 Fév - 14:51



    Elizabeth essayait de garder son calme, face à cet homme qu'elle trouvait détestable. De toute façon, tous les membres de ce cabinet étaient pour elle tout à fait … malhonnêtes. Et l'honnêteté, comme l'avait deviné Aaron- était quelque chose de très important pour la jeune avocate. Elle ne faisait pas son métier pour rouler les gens dans la farine mais plutôt pour les sortir des sables mouvants quand ils y étaient. Aaron avait l'air de dire que les avocats étaient tous de mauvaise foi … Elizabeth n'était pas d'accord. Ce n'était pas du tout la même conception du métier qu'ils avaient tous les deux. Mais elle sentait bien qu'il ne servait absolument à rien de chercher à convaincre l'autre avocat. On disait parfois qu'il valait mieux ne pas parler aux cons, car cela les instruisait. C'était exactement ce qu'elle pensait en ce moment-même. Pourtant, pour le bien de ses clients et de la jeune femme décédée, Elizabeth n'avait pas vraiment le choix, elle devait rester écouter jusqu'au bout le cher Aaron Winston.

    Ses mains, toutefois, se crispaient sur la table, tandis que le jeune homme parlait. Ils avaient tous les deux à peu près les mêmes âges, ils avaient fait les mêmes études, ils devaient venir du même style de milieu social et pourtant, ils étaient aussi différents qu'on pouvait l'être. Comme quoi les valeurs avaient vraiment beaucoup d'importance, dans la vie. Elizabeth le savait avant cette rencontre, mais désormais elle était encore plus convaincue de cela.

    Silencieuse, Elizabeth écoutait donc les propositions du jeune avocat. Elle se demandait ce qu'il voulait exactement mettre en place pour son client. Dans son esprit, il allait être obligé d'une manière ou d'une autre de se mouiller. Mais non, il ne parlait que d'argent. Voilà ce qu'il proposait, donc, encore une fois: de l'argent pour que l'avocate des parents de la jeune femme violée cesse de porter plainte. Mais Elizabeth n'était absolument pas prête à céder.

    Elle croisa le regard du jeune homme. Non, elle n'accepterait pas cette idée, une fois de plus, il aurait tenté sans réussir à l'amener là où il le voulait.
    “-C'est hors de question. Ne croyez pas que je vous laisserais manipuler mes clients avec un beau chèque. Ils n'en veulent pas, ils me l'ont dit. En revanche, si vous souhaitez négocier le fait que votre client plaide coupable ou non, vous trouverez une oreille attentive. A mon humble avis, il a tout intérêt à plaider coupable … mais vous êtes avocat donc vous savez ce qu'il vous reste à faire.” Elle était sèche, cette fois-ci. Mais cette insistance financière était tout à fait désagréable, du point de vue de Elizabeth. “-Plaidez coupable et nous pouvons demander une certaine clémence. Nous lui éviterons la peine de mort.” Elle ne pourrait pas aller plus loin, sa proposition était déjà extrêmement osée.

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MessageSujet: Re: Négociation préliminaire [Aaron Winston] Mer 26 Fév - 9:31

Maitre Grimms semblait tendue, véritablement. A vouloir prendre fait et cause avec trop de passion, elle perdait le sens des réalités. Cela faisait plus de 30 ans qu'à une exception prés, la peine de mort n'avais pas été appliquée dans le Massachussetts.... Abolie en 1982, sauf à devoir tomber dans le cadre d'un crime fédéral, ce qui dépassait grandement celui d'une banale affaire de mœurs comme celle qui nous occupait, Eddy ne risquait au pire qu'une condamnation à perpétuité incompressible.J'avais le désagréable sentiment de totalement perdre mon temps dans ce sordide café. J'avais déjà rencontré des idéalistes,et je savais à quel point ils pouvaient se montrer stupidement hermétiques aux propositions somme toute parfois pas si désavantageuses pour eux qu'il n'y paraissaient, au nom d'une éthique ridicule à laquelle ils tenaient somme toute plus qu'à l'intérêt réel de leur client. Mais elel semblait dépasser encore ces imbéciles moralisateurs, qui, au nom d'une conception personnelle de la justice fondée sur leur définition propre et arbitraire du mal et du bien, oubliaient les fondements même de la déontologie de l'Avocat:
Représenter et défendre les intérêts de leur client.
La stratégie conduite par mon adversaire n'aboutirait qu'à une seule chose:
Eddy s'installerait en Europe, et perdrait entre 100 et 150 k$ dans la liquidation précipitée de ses  biens. Je songeai à ce propos qu'il me faudrait contacter au plus vite les courtiers pour réaliser les écritures antidatées rendant Eddie insolvable, puisqu' officiellement dépossédé de tout bien matériel.
Mes 10% de commission seraient les bienvenus pour constituer une partie des fonds destinés à soutenir officieusement notre cher gouverneur lors de ses campagnes.

Du point de vue des Clients de maitre Grimms,ils auraient peut être la satisfaction d'entendre une sentence lourde prononcée par le tribunal, mais qui, faute de prévenu ,ne serait de toute façon pas appliquée... Quand aux indemnités pécuniaires,ils seraient ravis de voir leur vœux de ne rien toucher absolument exaucé,quelle que soit l’ordonnance prise à ce sujet!

Je perdais mon temsp à vouloir discuter avec une femme qui n'entendait même pas des évidences telles que celle-ci et ça m'agaçait de plus en plus. Me contenant cependant, je repris la conversation laborieuse qui nosu occupait

Maitre, vous savez qu'Eddie Drake est en fuite, n'est-ce pas?

Mon ton restait courtois, mais je le fis plus sec, afin de marquer que le temps des propositions conciliantes touchait à sa fin. Il convenait simplement de clarifier la situation dans l'esprit de cette utopiste dont le manque d'à propos me faisait gacher un temps précieux;

Vous imaginez bien qu'un homme qui organise sa cavale avec autant d'efficacités aura pris ses dispositions pour ne régler aucun frais de procédure, ne verser aucune indemnité compensatoire,et ne acquitter d'aucune amande.

Oui ,Chére Elisazbeth, il convenait de vous réveiller et de sortir du monde merveilleux ou le mot justice prenait une majuscule dans lequel vous vous projetiez. Les hommes sont pragmatiques,du moins ceux qui se donnent les moyens de réussir à obtenir un poids dans la société. Pragmatiques et organisés. Tant de naïveté confinait à la bêtise, et je ne pus résister à l'envie de l' égratigner un brin

Quelle tristesse de devoir vous rappeler des choses aussi élémentaires,vraiment...

Je ne pris même pas soin de dissimuler partiellement la condescendante morgue qui était mienne en ajoutant cette pique méprisante.

Quand au procureur, il est improbable qu'il requière la peine capitale car je vois mal comment un crime passionnel, au pire crapuleux, pourrait être reclassé en délit fédéral.

Et me faisant alors véritablement grinçant,j'achevai ma  tirade

...Et tant bien même,Mon client est absent et introuvable, je vous le rappelle,alors peu lui chaut la sentence, vous le concevez?

C'est lorsque je savourais l’étincelle de fureur que j'avais engendrée dans la prunelle d' Elisabeth Grimms que j'entrevis l'opportunité qui s'offrait à moi du fait de son attitude stupidement bornée.

Ceci étant posé,je suis tout à fait disposé à accepter un acte de renonciation à toute demande d’indemnité de la part de votre client si vous tenez à faire la démonstration publique de son absence de vénalité

Je n'avais pas encore renoncé à trouver quelque vice de forme permettant d'annuler l'acte d'accusation contre Eddy,et ,si ,en attente du pourvois en appel, car le temsp me manquait pour y parvenir avant la premiére instance,on pouvait se contenter de geler ses avoirs, il avait une chance de globalement moins perdre en ayant que la moitié des dépens de justice à régler au final.
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MessageSujet: Re: Négociation préliminaire [Aaron Winston] Dim 2 Mar - 12:46



    Elizabeth Grimms était évidemment tendue. Elle l'était à chaque fois qu'il y avait des enjeux d'importance et dans son métier, c'était du quotidien. La tension qu'elle ressentait toutefois n'était pas liée -non pas du tout- à l'envie de gagner de l'argent en gagnat ce procès, mais était plutôt due au fait qu'elle savait que ses clients attendaient beaucoup d'elle et elle refusait de les décevoir. Elle était donc extrêmement consciente des enjeux et pour cette raison, elle se contrôlait strictement. Hors de question de se laisser aller. Elle n'était pas le genre d'avocate à lâcher le morceau lorsqu'on l'appâtait avec de l'argent et dans ces conditions, Elizabeth n'hésitait jamais à aller au bout des choses.

    La jeune avocate savait toutefois qu'elle avait affaire à de rudes combattants. Le cabinet de ce cher Edward Drake regroupait le genre d'avocats qu'elle détestait le plus et elle avait conscience qu'elle ne pourrait pas jouer son habituelle stratégie. Elle devrait se révéler bien meilleure qu'eux. C'était là quelque chose de compliqué car dans l'art de la ruse et la stratégie, il était assez certain que ce cher Aaron Winston ne lui ferait aucun cadeau, pas plus que son client n'en avait fait à la fille des clients de Elizabeth.

    Au fond d'elle-même, Elizabeth en avait conscience, la Justice n'était qu'un jeu. Parfaitement mis en scène, certes, mais qui restait au final une pièce de théâtre soigneusement arbitré par les maîtres qu'étaient l'argent et le pouvoir. Particulièrement aux Etats-Unis … Durant ses études, Eli avait comme tous les autrs étudiants apprit beaucoup de choses sur les autres systèmes juridictionnelles et elle aurait apprécié que son pays s'en inspire. Malheureusement, il n'en était rien.

    La question d'Aaron l'étonna. Oui, elle savait, bien sûr, que le client ne serait pas là. “-J'ai lu le dossier.” lui répondit la jeune avocate. Effectivement, elle faisait son travail correctement et savait donc ce qu'il y avait à savoir sur cette affaire. Les révélations de ce cher Aaron ne firent ni chaud ni froid à Elizabeth. “-Votre client n'est pas tout puissant. Il finira bien par être rattrapé, un jour ou l'autre. A dire vrai, je m'étonne que vous soyez aussi au courant des dispositions de votre client …” Elle sous-entendait évidemment que le cabinet d'Aaron avait été contre la légalité dans cette affaire. En vérité, elle était même quasiment sur que c'était le cas. On ne pouvait pas leur faire confiance.

    La proposition de Aaron déplut fortement à Elizabeth. Il essayait de la rouler depuis le début et la jeune femme n'en put subitement plus. Ce genre de types la dégoûtait. Se levant, elle régla sa consommation en laissant de la monnaie sur la table et jeta un dernier regard au jeune homme. “-Vos méthodes ne prennent pas avec moi. Nous nous reverrons au tribunal!” Elle toujours si calme avait maintenant les yeux qui lançaient des éclairs. Quel infâme individu !

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MessageSujet: Re: Négociation préliminaire [Aaron Winston] Dim 2 Mar - 17:22

Son départ presque théâtral éveilla en moi en sentiment mêlé d’ironie et de satisfaction. Il était si facile de déstabiliser des femmes telles que Elisabeth Grimms,bien trop sensibles pour pouvoir résister à la tension d'un contre plaidoyer à peine incisif. Je me rejouissais d'avance du rendez vous fixé à l'audience . Elle serait dans l'état de nervosité idéal pour rater tous ses effets de manches. Je la voyais déjà s'emporter contre mes arguments pondérés, en souvenir de notre conversation présente. S'emporter non plus franchement contre l'injustice qui avait été faite à ses clients en assassinant leur fille, mais bien au fond contre moi qui refusait de reconnaitre quelque valeur à sa ridicule empathie.
Je n'aurais nul besoin de me montrer cynique devant les jurés pour l'agacer et la pousser à la faute, la forçant à se monter comem campant de façon bornée sur ses positions, incapable d'admettre le moindre compromis permettant à l'institution juridique de sauver la face en prononçant une sentence exécutable.
Qui, en effet, hormis elle ,se soucierait de la vie de 'une gamine perdue,prostituée notoire, tuée par une vieux maquereau un soir ou elle s'était malencontreusement trouvé dans la trajectoire d'une balle de 9mm?

Personne en tout cas, du moins parmi les magistrats qui voulaient avant tout sauver leur poste et affirmer que leur fonction répondait bien à un besoin.
Personne, pas même ceux qui avaient fait carrière au siège pour assurer la juste application des lois. Le contrat social qu'elles codifiaient ne visait il pas à faire que la violence entre les individus soit jugulée? Eddie en fuite, c'était un criminel de moins en ville, et même les forces de l'ordre avaient tout à y gagner ,sur le fond
Elisabeth était bien trop aveuglée par ses illusions pour se rendre compte que ce qui se jouerait tout à l'heure n'était somme toute que la sauvegarde des apparences.
L'affaire en soi était d'ores et déjà jugée, et chacun devait s’accommoder de la sentence présente, parce que c'était la seule qui permette un compromis viable pour l'ensemble des parties.

C’était un plaisir de la voir s'en aller,et ,il fallait bien l'avouer, surtout de la regarder partir, car sa jupe un peu austère révélait une croupe plutôt stimulante, quant à elle. Mais il n'aurais pas été raisonnable de la rattraper pour tenter d'aborder quelque discussion que ce soit avec elle y compris sur un plan nettement moins professionnel sur le moment.
D’autant que je me devais de préserver mon image d'époux irréprochable et qu’elle serait trop heureuse de faire un scandale public pour tenter de l’entacher et de prendre ainsi sa revanche.
Cependant, l'idée que sa chute de reins avait faite germer en moi me paraissait intéressante à développer
Je n'aimais pas forcément les sucés faciles, et parvenir à séduire une femme aussi mal disposée envers moi me paraissait fort excitant, sur le plan du jeu intellectuel.
Sans compter les avantages charnels qu’une victoire pourrait peut être m'assurer.
Je vidai mon café, tiède, ce qui rendait ce jus noir et bien trop dilué pour rester savoureux absolument insipide et me rendis chez le fleuriste afin de faire préparer quelques modestes violettes. que l'expéditeur du bouquet que je destinais à Elisabeth l'incite au rejet, c'était chose admise...Mais la simplicité si poétiquement touchante de sa composition ne manquerait pas d'émouvoir néanmoins cette romantique exaltée.
L'oxymore incarné par l'association des fleurs et de Maitre Winston induirait le questionnement...et je pourrais peut être trouver un moyen de profiter de cet état de doute pour avancer mes pions afin de capturer la reine.
Je le ferais livrer chez elle dés ce soir.
Il me restait encore le temsp de passer chercher un sandwich au pastrami au délicatessen voisin avant de rejoindre mon adversaire pour le combat officiel, en sale d’audience.
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MessageSujet: Re: Négociation préliminaire [Aaron Winston]

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