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Weird shit happens.

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Lee Flaherty
• Admin volage, spécialiste du calumet de la paix •


Are you ready to explode?


ϟ Conversations : 268
ϟ Arrivée à Boston : 15/12/2013


MessageSujet: Weird shit happens. Sam 25 Jan - 9:15

    Ça lui fait mal, un mal de chien qu'il ne peut contenir, une épine qui lui rentre dans le dos, insinuante, poétique. Ça ne veut rien dire et à la fois c'est tout ce qui fait son être. Après tout, il pourrait très bien ignorer la douleur, continuer de vivre sans s'en soucier mais vous savez, c'est comme ces romans de gare tragiques que l'on lit en attendant que l'été passe, assis sur un banc à se demande pourquoi. Du moins, c'est ce que le commun des mortels essaie de se dire. Mais pour Lee, la douleur est plus profonde, l'empêche de bouger, de faire quoique ce soit de censé. Il devrait ouvrir les yeux, se rendre compte que le monde autour ne demande qu'à bouger, qu'à lui offrir ce qu'il contient... Pourtant il reste là, allongé sur le sol, incapable de se mouvoir, une tortue ayant perdu sa carapace serait plus habile niveau motricité. C'est comme ça qu'on paye le prix des erreurs...

    L'erreur de s'être couché sur le sol comme un abruti bourré sans doute. Il se maudit lui-même intérieurement et le flot de souvenirs qu'il attend, habituel, ne vient pas. Tout ce qu'il a c'est ce foutu mal à la nuque comme s'il n'avait jamais dormi sur le sol auparavant... Pourtant c'est son lot commun, son envie du moment, son besoin de se sentir proche de la terre. Seulement là, il est allongé dans un endroit poussiéreux, ses yeux sont toujours clos, il sent une vague présence à cause de lui et se mord la lèvre en essayant de se dire qu'il n'a pas encore terminé dans une partie de jambes en l'air géante avec la moitié du globe. Ça pourrait arriver, vous savez. Faut s'attendre à tout avec un spécimen du genre. Même à le retrouver au lit avec un clown et un trapéziste. D'ailleurs, c'était quand cette fois où il a fini au lit avec une gymnaste? C'était pas mal selon ses souvenirs. Très sportif sans doute. Pas pire que le pompier qui voulait le sauver des flammes, métaphoriquement bien sûr. Ou encore catholique fervent avec des délires bizarroïdes. La croix au-dessus du lit l'avait pas mal fait flipper, il faut l'avouer.

    Lee se détourne, se retourne, histoire de trouver une position confortable, se cognant contre le corps allongé à côté de lui, en espérant que ce soit pas un cadavre, pas envie de faire dans la nécrophilie précoce, pas encore du moins. Ses yeux s'ouvrent brusquement sur une paire de boucles en vadrouille et un soupir de soulagement lui échappe. Zeke. Son pote, sa famille, sa patrie. Non, c'est sûrement pas ça ou du moins pas dans cet ordre mais la vision le rassure... Il aurait dû se douter que ce genre de situation ne se passe qu'ici et maintenant en présence de l'allumé à la caméra qui se retrouve dans son lit en moins de temps qu'il ne faut pour dire calumet ou une connerie dans le genre. Morsure des lèvres et mal de dos lui font comprendre que c'est pas un film sur la vie des mangoustes qu'ils ont du tourner hier soir et c'est à ce moment précis qu'il se rend compte du cadre... Noir complet, fenêtres cassées, odeur de rance, sol dégeu. C'est ce moment-là aussi que choisissent les souvenirs pour affluer le long de son crâne comme un fleuve de pensées ininterrompus. Merde, il se souvient désormais.

    Des pas titubent, maladroitement, le long de l'allée bordée d'arbres, de haies mal entretenues depuis des années. La maison hantée. Il en a souvent entendu parler pour ensuite n'en avoir rien à foutre, parce que les histoires à faire peur, il n'en a jamais été vraiment friand. Lee s'appuie vaguement sur Zeke dans une tentative de se maintenir droit mais l'alcool qui brouille son esprit ne lui permet pas de le faire, il a juste un sourire de débile accroché sur les lèvres, son bras autour de la taille du jeune homme qui, une expression enfantine du gosse à qui on a fait un gros gâteau d'anniversaire, avance vers la maison, caméra au poing, l'air complètement excité... Sans doute à cause de l'alcool, de la perspective d'un truc à filmer et de la situation dans laquelle il se trouve.

    -Tu veux vraiment aller là? Je suis pas sûr que ce soit l'idée du siècle.
    -Tu déconnes? On va pouvoir tourner un film d'horreur là-dedans, j'ai rêvé d'y aller depuis que j'en ai entendu parler. Et puis si tu te mets à poil ça augmentera l'audience. Puis peut-être que y'a des rats à sauver, t'en sais rien. Tfaçon je veux rencontrer l'esprit du maître d'hôtel qu'a tué tout le monde là-dedans, j'ai lu un article là-dessus. Toute la famille.
    -Même les rats ont pas envie de vivre dans cette barraque pourrie, faut vraiment que j'arrête de jouer les cowboys solitaires avec toi.
    -Ça te manquerait trop. Que ce soit ma caméra ou autre chose.


    Le sous-entendu le fait marrer, rire plus fort que c'est permis, peut-être que c'est son esprit brouillé mais ça l'empêche pas d'attraper la main que Zeke lui tend pour entrer dans la maison, contaminé par l'état euphorique du jeune homme, complètement à la masse comme d'habitude. C'est pas le duo préféré de l'année, voté par le public à l'unanimité, mais d'une manière incertaine ça colle et l'un et l'autre s'entraînent dans des délires rocailleux. Un nouveau rire tonitruant et la porte de la maison s'ouvre, en grinçant, arrachant un rire presque sadique à Zeke dans le processus.


    Retour au présent, au moment, à Zeke contre lui qui dort encore, respirant fort, une respiration proche du ronflement mais c'est bizarrement cute et ça fait marrer Lee qui le pousse doucement, l'air de pas savoir où aller, ce qu'ils ont fait. En même temps, il attrape la caméra posée à côté de Zeke... On sait jamais si le mec s'est prit de filmer leurs ébats sexuels... Parce que sa nudité lui laisse comprendre que malgré les trous noirs, ils ont sûrement pas joué au Scrabble ou aux tables tournantes dans cette maison à l'abandon.

    - Hey, réveille-toi, je veux le petit déjeuner et les croissants. Peut-être que l'esprit du majordome va venir avec le café mais j'ai besoin de toi là.

    Les situations sont plus étranges les unes que les autres mais ça l'inquiète à peine... Son quotidien est toujours secoué de rythmes bizarres et de délires philanthropiques alors pourquoi pas le spiritisme maintenant, hein?

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MessageSujet: Re: Weird shit happens. Dim 26 Jan - 1:13

Le silence bourdonna à ses oreilles alors qu'il gesticulait doucement, pris dans les filets d'un rêve qui devenait de plus en plus réel, de plus en plus fascinant et excitant. Les mains sur la poitrine, le grand blond sentit qu'il perdait progressivement la sensation du sol sous son dos, sa tête ne reposant bientôt plus contre l'épaule de son compagnon. D'ailleurs il finit par réaliser qu'il n'avait plus du tout prise sur le sol, et qu'il commençait à flotter aux-dessus de la scène, regardant le corps nu de Lee qui reposait encore sur le parquet. Quel beau gosse, même endormi. En revanche il sentit l'angoisse le prendre quand il réalisa que le plafond se rapprochait  dangereusement et qu'il menaçait de bientôt se faire transpercer le corps par le lustre. Mais par chance le plafond disparut pour s'ouvrir sur le ciel, faisant traverser les nuages à un Zeke hilare, riant des chatouilles du cumulus alors qu'il tendait les bras pour attraper un bout de coton blanc et l'enfourner. Ca avait le goût à la vanille. Un truc incroyable ça encore, Lee le croirait jamais. Les bras écartés, le jeune homme savoura la sensation de l'air frais sur sa peau, et la vitesse à laquelle il se déplaçait dans le ciel avant de traverser la couche d'ozone, riant aux éclats en effleurant une étoile et en attrapant une autre pour parcourir la galaxie comme sur un surf. Sautant sur une comète, il s'agrippa à une malformation pour éviter de se cogner à d'autres et sauta à pieds joints quand il passa près de la lune. Se penchant, il ramassa une pierre lunaire et la mit dans la poche de sa combinaison d'astronaute, sautant à pieds joint dans une flaque d'eau, ce qui concrètement n'avait aucune logique. On s'en fout, il rêve. Il ralentit la cadence en voyant des trucs étranges lui passer devant, des ombres, des silhouettes informes. Se planquant derrière un rocher, il retint un cri en voyant une créature lui passer sur la main; un mélange entre un crabe et un papillon, avec des oreilles de souris. Se relevant sans faire de bruit, il observa les ombres étranges, et sauta au ralentit, l'apesanteur et toutes ces conneries le faisant se déplacer de manière comique, il s'arrêta en réalisant qu'il avait perdu de vue les créatures bizarres. Puis la lune se mit à tourner sur elle-même, obligeant Zeke à courir dans le sens inverse de sa course pour ne pas se casser la gueule et quand elle stoppa brutalement son mouvement, le grand blond fut envoyer dans l'espace avec brutalité et se retrouva à flotter dans tout les sens. Se heurtant à une navette, il salua les astronautes qui le regardaient bêtement à travers leur hublot; l'un avait la tête de Robin Williams, l'autre d'Aidan Turner et Michael Jackson était ressuscité et s'entraînait même au moonwalk sur la terrasse.. En revanche il se heurta brutalement à quelque chose de solide et il crut quelques instants être tombé dans les cavernes des orcs du Seigneur des Anneaux, mais on le pousse encore. Il se casse la gueule d'un pont en bois à la Indiana Jones et se redressa brusquement en entendant une voix.

J'ai rien sur moi ! C'est Marshall qu'il faut questionner, il sait tout, même en quelle année le mot "chaussure" a été employé pour la première fois !

Et sa réponse fut suivit d'un rot contenu qui se mua en un soupir fort, avant de retomber en arrière, sa tête heurtant l'épaule de Lee sur laquelle il menaça de se rendormir. Ce qu'il aurait fait s'il n'avait pas senti un léger courant d'air lui parcourir le corps et lui chatouiller la raie des fesses. Il devait avoir un trou dans son pantalon, sauf que quand il tâta le terrain sous la ceinture, Zeke réalisa qu'il était nu comme un verre, à part un pan de jean qui traînait sur son mollet. Ouvrant un oeil, difficilement en vue des cheveux qui poussaient à l'envers, des cils qui paraissaient durcis et qui lui faisaient mal dès qu'il clignait des yeux, le jeune homme soupira douloureusement.

J'veux bien te payer tout ça, même un tournedos rossini d'un grand chef, si tu m'aides à retrouver mon portefeuille, mon cerveau, mes yeux, mes sens et mes fringues au passage.

Marmonnant dans sa barbe inexistante, il finit par se redresser pour essayer de replacer les éléments dans leur contexte, essayant de se souvenir s'il reconnaissait l'endroit. Putain si c'était sa chambre, elle était plus grande que dans ses souvenirs, et vachement plus poussiéreuse, sa mère avait raison; faudrait qu'il pense à faire la poussière plus souvent. Levant le nez, il réalisa qu'un t-shirt pendouillait tristement, accroché à une des branches du vieux lustre qui grinçait sinistrement sous le fait d'on ne savait quel courant d'air. Ils avaient pas fait que jouer au twister apparemment, pourtant les courbatures qu'il avait l'aurait bien mis sur cette voie. Frottant sa nuque, il jeta un coup d'oeil à Lee en souriant, l'air un peu demeuré du mec qui savait pas du tout ce qu'il avait foutu mais que la vue, que lui offrait l'autre, de son corps nu lui faisait un plaisir monstre. Se rinçant l'oeil allègrement, il finit par tousser de douleur, réalisant qu'il avait un torticolis. Putain il avait bu, fumé, quoi ? Ou alors ils avaient victimes d'un cas courant de possession. Les trous de mémoire, les douleurs suspectes à des endroits que même une partie de jambes en l'air ne pourrait expliquer, l'odeur de moisi et l'état lamentable dans lequel ils étaient, et les fringues éparpillées un peu partout. Y avait surement un fantôme là-dessous, un ectoplasme pervers qui s'était bien rincé l'oeil à tout les coups.


Jour 40, nous sommes toujours perdu dans les couloirs, des bruits étranges s'échappent de pièces dans lesquelles nous n'avons pas été. Au début de l'excursion, nous étions vingt, il ne reste que nous désormais. Je ne sais pas encore combien de temps nous allons griiik crouiiic grhsssss bouhaaa … il y a des interférences.. Une présence de frrrr grrriiikkk ddiiiuhhh …
- Arrête de faire le con putain !! Ca se trouve y a un gros malade qui nous surveille et qui attend de pouvoir nous tuer ! Ou pire, y a un fantôme qui attend de nous faire flipper !
- Mais Lee bordel haha ! Faut vraiment que tu revois l'ordre de tes priorités, fais pas ta mauviette. Tiens regarde, une araignée, j'suis sûr qu'elle a besoin d'aide pour survivre, regarde elle a l'air triste, on devrait l'interroger peut être qu'elle a vu le massacre qu'y a eu ici.
- Putain j'ai entendu un bruit !
- J'viens de lâcher une caisse, c'est peut être .. C'est quoi ça ?!!!!!!!!!


Il saute sur place comme une énergumène et récupère la main de Lee pour l'attirer à a suite, s'approche d'une porte avec la caméra toujours dans sa main libre. Sa tête pivote, il regarde son pote en souriant comme un abruti, sur de faire la découverte du siècle, et entreprend de tourner la poignée de la main qui tient encore la caméra. Y a pas de bruit, à part celui de leur respiration, et le souffle de Lee sur sa nuque lui donne le courage nécessaire pour continuer sa connerie. Il resserre sa main sur la sienne, pousse la porte et pousse un hurlement qui résonne sur les murs, fait sursauter Lee qui hurle à sa suite, avant que Zeke éclate de rire pour se prendre un coup de la part de l'autre dont le souffle se fait plus vite.

- C'est tellement facile putain. Haha désolée mon calumet !

Pour se faire pardonner, il dépose un baiser sur le bout de son nez, en riant aux éclats quand un bruit dans la pièce les fait sursauter comme des cons et que Zeke entend déjà Lee l'accuser de lui avoir tendu un piège, sauf que le grand blond paraît moins rassuré pendant quelques secondes.



Il attrapa sa tête entre ses mains, en poussant un râle terrible, une migraine lui vrillant les tempes. Attrapant les caleçons qui trainaient, il fila celui de Lee à l'intéressé, non sans s'amuser à tendre le bras puis le ramener vers lui pour empêcher le beau brun de l'attraper, souriant comme un idiot.

J'ai les neurones tellement emmêlés que je suis même pas sûr de savoir comment je m'appelle, presque je me prendrais pour la réincarnation de Bob Dylan quoi. Putain elle est où la caméra ? ah .. j'sais même plus comment on s'en sert.. J'ai du perdre des fonctions cérébrales. Tu m'as drogué ? Me regarde pas comme ça, j'suis sûr que c'est de toi tout ça.. Faudrait dire à la femme de ménage de passer faire un brin de ménage aussi, tu l'appelleras hein ?

Autant dire que le flot de réflexions qui faisait le trajet de son cerveau à sa bouche n'avait pas forcément de sens, ni de connexion logique avec tout le reste. Ca sortait n'importe comment de ses lèvres sans qu'il soit foutu d'en calmer le rythme ou d'organiser le tout de façon cohérente. Considérant que remettre son caleçon relevait de l'effort olympique, Zeke laissa retomber sa tête sur l'épaule de Lee en soupirant, fixant le plafond à la recherche d'un truc qui tienne la route, reposant la caméra entre les jambes de son pote, des fois qu'il ait les idées mieux en place que lui.
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Lee Flaherty
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MessageSujet: Re: Weird shit happens. Mer 5 Fév - 13:36

    Être normal, il a toujours trouvé ça chiant et au fond, a pas été foutu de l'être. Pas une fois, pas un seul instant. Aller dans un bureau, enfiler une cravate le long de son cou et essayer de voir la vie comme ceux-là. Ceux qui le zieutent bizarrement et qui lui feraient dire les quarante morales comme quoi on a pas le droit de se balader avec un chaton sur l'épaule ou pieds nus si ça nous plaît. Si ça fait de lui l'outsider du mois tant mieux ou tant pis. Il recherche pas l'approbation de qui que ce soit. Le jugement c'est usuel, cyclique, les gens peuvent pas se débarrasser d'une manie idiote. Persiste et signe. Passage obligé qu'il s'est forcé à ignorer. On l'écrase entre les deux yeux qu'on possède et c'est reparti pour un tour, du moins c'est que Lee a toujours fait, ressenti. Se retrouver à poil dans une maison hantée c'est loin de le déranger, ça lui grille la nuque, lui file des frissons de plaisir incompréhensibles. Même maintenant. Avec lui et sa gueule de bois bien étriquée. Le truc c'est qu'il pose ses yeux sur Zeke et que ça le fait marrer. Comme quoi c'est ça être sur la même longueur d'onde, faire le même choix de départ, la prouesse non accomplie de se marrer jusqu'à plus soif. Il l'écoute déblatérer et l'embrasse histoire qu'il se la ferme. C'est une histoire vieille comme le monde mais ça le ferait pas rougir pour autant. Puis, il va pas se prendre la tête. Zeke et lui c'est simple, de l'amitié et des parties génitales en plus c'est tout.

    - Ton cerveau je crois que c'est une cause perdue et tes fringues c'est pas la peine, ça te va mieux comme ça. Le reste pourquoi pas? Ça dépend ce que tu comptes en faire. Du genre aller m'acheter un petit dej avec ton fric.

    Il se lève deux secondes, regarde autour de lui. C'est un bordel monstre. Ses fringues sont sans doute dégeu mais il a connu pire et quand il s'agit de se désaper, Lee a jamais été très regardant sur les termes et conditions. Il clique lui, même dans sa tête. C'est une habitude ancienne et pas très catho, ça il l'accorde, de s'allonger où on veut, quand on veut, pas pour regarder les étoiles ou compter fleurette, juste parce que le sexe c'est pas prise de tête et c'est du plaisir en boîte. Tout ce qu'il recherche en fait. Épicure, c'est son deuxième prénom, on vous l'a jamais apprit? Il se rassoie, joue deux secondes avec les bouclettes de Zeke et essaie d'actionner la caméra, seule témoin de leur soirée. En fait cette putain de caméra c'est souvent ce qui sert de cerveau à ce mec, Lee l'a bien comprit. Faute de réfléchir lui-même, il filme tout et n'importe quoi sans se soucier des conséquences. Bizarre que ça lui apporte des emmerdes? Ouais, ou pas. Ce mec est pas le journaliste du siècle plutôt l'espèce de timbré qui envoie des vidéos témoins mais bon, on lui en veut pas hein? Et puis au fond, Lee pense pas que ce soit une perte de temps... La façon dont Zeke met les vidéos de ses interventions de Greenpeace sont loin d'être useless.

    - Tu te souviens d'hier soir?


    Pour lui, se rappeler c'est un peu comme plonger dans un seau d'eau glacée, enfin toujours est-il s'il pouvait rentrer tout son corps dans un seau. Mais il préfère ne pas savoir, ne pas regarder. Histoire de pas avoir honte. La honte c'est pas son truc à lui, c'est pour ceux qu'en ont quelque chose à foutre. Suffit de gratter à ce qu'il paraît, se plonger au fond de soi-même pour essayer de combler les trous noirs. Merde, c'est censé marcher comme ça les flashback dans les films, non? A croire que la vie n'est pas un film français chiant, on aurait dû lui dire plutôt.

    -T'es vraiment trop con, je devrais te laisser crever ici avec ta caméra.
    -Relax, ma poule, je plaisante. Mais déconne pas y'a vraiment un truc là.


    Soupir à l'appui, il le pousse un peu histoire d'entrer dans la pièce que Zeke lui montre. Si c'est encore une de ses blagues à la noix, ça risque pas de plaire à Lee mais bon, l est habitué depuis le temps aux trucs débiles de Zeke. Comme quoi, il est là non. Et certes, il est déséquilibré par l'alcool, il parle qu'à moitié bien et il a des moments d'absence mais merde, on l'a pas forcé à venir ici. A croire que le mec parvient à contrôler ses pensées. En fait, quand il se retrouve avec Zeke c'est un peu comme avec Sadie, les deux possèdent un pouvoir de persuasion bizarre et lui, il suit, affamé de plus et d'aventure. Comme quoi, on est tous des bohèmes aux chaussures épuisées hein? C'est ce qu'il se plaît à croire. La pièce qu'il découvre lui foule à moitié les jetons. Des trucs rouillés partout, une chaise qui se balance au milieu, soufflée par le vent au dehors, manque plus que le fantôme qui fond sur eux pour lui foutre totalement la trouille. Le bruit qui parvient de l'étage ne le rassure qu'à moitié, il a juste envie de sortir d'ici.

    -Bon tu me saoules, viens on dégage d'ici.
    -Ca commence juste à devenir drôle, fais pas ta poule mouillée sérieusement t'es con.
    BORDEL ZEKE.
    -Moi aussi je t'aime t'en fais pas, t'auras une récompense si t'es courageux.


    Ça l'engage qu'à moitié. Il a jamais été fan de films d'horreur et encore moins un où ils deviennent ceux qui se font couper en morceau. Vous savez, le genre tronçonneuse, mec creepy, masque à l'appui. Bref, on sait jamais ce qui peut se passer. Il se rapproche à moitié de Zeke, comme si le type allait le protéger. Ils font la même taille après tout. Lee est pas une poule mouillée quand il s'agit d'aller défendre la veuve et l'orphelin ou plutôt la mère et son chaton mais là, c'est différent. Pas question qu'il se fasse décapiter pour un film de Zeke. Surtout que le mec est pas encore connu.

    -C'est peut-être un chat. Si c'est que ça je le recueille et on peut se casser d'ici.
    -J'espère que c'est le fantôme du majordome, au moins je deviendrais célèbre direct.
    -Arrête de te foutre de ma gueule.


    Non, ça marche définitivement pas. Il devrait s'acheter un carnet, un truc pour se rappeler de ce qu'il fait, quand, où, comment, avec qui. Merde à la fin, c'est ce que fait Sadie et ça marche, ça les a aidés à se rappeler de grande soirées de beuverie sans trop de mal. Après tout, on n'y peut rien, on essaie de se faire à l'idée qu'on boira pas comme des trous mais bizarrement la résolution ne tient jamais et il se retrouve généralement les quatre fers en l'air, dans les buissons ou même sans pantalon. Au choix, ou les trois à la fois, il est pas demandeur, il a peur de rien aussi. Bref, si vous voulez une soirée réussie, vous pouvez l'engager, il est pas prêt de faire un striptease mais ça risque d'être drôle à souhait. Un regard vers sa montre qu'il n'a pas. Pas de portable non plus. L'heure, il en a aucune foutue idée mais il est à peu près sûr que c'est aujourd'hui qu'il doit aller faire un sitting près du mémorial pour des espèces de tarés ayant jetés des chats contre les murs. Si ça tenait qu'à lui ce serait le bûcher mais il a toujours été un peu extrémiste, c'est limite flippant à vrai dire.

    - Je sais pas, je pense pas que les plans pourris soient de moi mais bon, si tu veux te convaincre de ça. Bon comment on sort de cette misère? Enfin si j'arrive à me rhabiller à un moment ou un autre parce que bizarrement, j'ai l'impression que ça va mal se passer cette histoire. Je suis en retard en plus. Tu vas m'accompagner, hein? T'as besoin de filmer le sitting. Et y'a pas de oui ou non, tu viens.


    De toute manière, Lee est au courant que convaincre Zeke c'est pas difficile, et il a même pas besoin de faveurs sexuelles pour y parvenir. Après tout, c'est ça quand on est potes, non? Et plus si affinités. Leur entente bizarrement trop bonne pour être vraie dure depuis un bail, ou ça pourrait même être daté de la veille qu'il s'en rendrait pas compte, il a jamais été fort pour le côté rétrospectif des choses et si quelqu'un peut lui reprocher c'est bien Zeke, surtout qu'il sont là désormais à se demander qui a fait quoi. Et y'a pas de manière à faire ou à redire, y'a beau retourner le problème dans tous les sens que leur tombe est déjà creusée, prête à les attendre. Les volets à moitié cassé laisse la lumière du jour percer le long de sa peau, celle de Zeke aussi et il est perturbé, l'espace d'un instant, avant de se rappeler qu'il a des impératifs. Plus importants que ceux de rester ici... Après tout, il a jamais été un espèce de pervers sexuel complètement zinzin, les maisons hantées ça a jamais été son fantasme. Il se tourne vers Zeke, à moitié fier de lui.

    - Tu sais que t'es à poil, ça veut dire qu'il s'est passé un truc mais tu peux être fier, je l'avais jamais fais dans une maison hantée avant. Y'a une première fois pour tout, non?


    Les endroits bizarres pourtant, c'est sa passion. Mais bon, on reviendra pas là-dessus. Toujours est-il que le jour se lève, qu'ils sont pas habillés, que ça fout à moitié les boules de rester là à attendre que la hâche qui n'est pas venu les amputer pointe le bout de son nez.

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MessageSujet: Re: Weird shit happens. Sam 8 Fév - 22:01

Ca faisait certainement longtemps que Zeke avait abandonné l’idée d’entrer dans le moule, de faire comme tout le monde pour creuser son petit trou dans une société qui mettrait, de toute façon, trop de temps à l’accepter. Ca paraissait toujours plus simple d’être là où on ne l’attendait pas, même si au final on se prenait au jeu et on finissait par remarquer que ça suivait une certaine logique d’évolution dans sa bêtise, ou dans ses actions. Et au final il s’en foutait un peu de savoir si les gens, quand ils le regardaient, se disait que c’était un brave gamin ou non, lui se plaisait à faire un peu ce qui lui passait par la tête sans réellement se soucier des avis des autres. Certes ça faisait souvent enrager Madame Austeen, mais même quand elle lui passait un savon pour avoir décidé de passer une journée planquer dans un coffre de voiture de flic, un incident dont il était encore fier aujourd’hui, il ne pouvait s’empêcher de remarquer son sourire en coin. Parce que ça plaisait que Zeke se fasse à sa manière, se lance dans la vie en balayant tout sur son passage; du moment qu’il était heureux, comme disait la mère de son père, le reste on s’en branlait un peu. Et il l’était, joyeux et gai - un peu gay aussi de temps en temps mais jamais complètement, pour pas rentrer dans un moule défini -, et c’était ce qui suffisait quand bien même il enchainait les conneries avec une simplicité déconcertante. Le meilleur dans tout ça c’était de réaliser qu’il était pas le seul à partir en sucette aussi facilement, que son complice le plus régulier c’était certainement le mec le plus barré qu’il avait rencontré mais aussi celui dont la présence lui était la plus agréable. Pourtant si on lui demandait, là maintenant, de décrire Lee en deux mots, Zeke serait bien incapable d’en trouver des précis. Parce qu’on pouvait décemment pas le réduire à deux petits termes ridicules, quand tout le personnage méritait une page entière dans le Times. Ou une connerie dans le genre. L’intérêt, donc, c’était d’avoir toujours ce grand idiot avec lui, parce qu’il l’aimait bien ce gros bêta. Même plus que bien si on lui demandait son avis, mais personne le lui demandait. C’était le genre d’amitié qui vous prenait aux tripes, vous donnez le tournis mais qui vous faisait en redemander chaque fois, parce que ça faisait du bien là où ça faisait mal - pas forcement physiquement hein.. pervers.

J’aurais du me douter que le jour où j’ai vu mon cerveau passer la porte avec des valises ça signifiait un truc.. Tu veux t’la jouer Jack Dawson et me dessiner nu, tu veux que je pose ? Dis-le, ça me ferait plaisir de t’aider à découvrir si tu as des talents de peintre ! En revanche, si je veux bien te payer le petit dej, faut que je m’habille .. quoique .. J’ai pas encore atteinte à la pudeur sur mon casier mais j’reste persuadé que mon vieux serait pas emballé de me voir débarquer nu comme un ver au commissariat.. J’lui ai déjà épargné ma naissance tout ça.. Puis putain fais frais quoi.

Il se poussait quand Lee se relevait, attrapant sa tête entre ses mains en grimaçant, une violente migraine lui vrillant les tempes, son cerveau entremêlant des souvenirs trop vieux pour expliquer la soirée de la veille, ou des souvenirs pas encore arrivés, que la vue du corps de Lee lui mettait en tête. Il arrivait même pas à identifier clairement les relents qui lui piquaient la langue, surement un alcool ou un joint bien tassé. La partie nudité ça le dérangeait pas, c’était pas franchement la première fois que ça lui arrivait, avec Lee ou un autre quoique c’était rare que ça soit un autre ou alors il fallait qu’il soit vraiment défait.. Ce qui l’embêtait un peu plus c’était de savoir ce qu’il foutait là, comment ils en étaient arrivés à cette pièce, parce que concrètement il devinait assez aisément ce qui l’avait poussé à entrer ici la veille.. Mais le reste? Envolé. Quand Lee se rassit, Zeke appuya son dos contre son épaule, le laissant jouer de ses bouclettes en essayant de se concentrer sans réel succès.

J’ai déjà du mal à me souvenir de mon prénom et de ma date de naissance là, alors tu m’demandes beaucoup .. J’fais plus des suppositions que de réelles découvertes.. J’suppose, par exemple, que si on est à poil c’est pas forcément parce qu’on a fait un tennis de table.

Se penchant un peu en avant, il grimaça en serrant les dents, une drôle de sensation dans l’estomac, lui prenant la gorge. Cette putain de nausée qui le reprenait, à croire qu’ils avaient vraiment abusé. Et pour pas trop perdre espoir d’être un jour sauvé, ou récupérable pour le bien mental de l’humanité, Zeke se persuadait que tout ça sortait forcément de la caboche brune de Lee. Ca lui évitait de se tuer un peu plus sur des souvenirs qui n’avaient pas l’air de vouloir affluer.

Bon je propose qu’on s’fasse 50/50 sur le responsable. Putain j’ai mal.. J’suis sûr qu’on a fini par le trouver ce salopard de majordome et qu’on a fait un threesome foireux.. Putain on s’est peut être fait baiser la gueule, et pas que, par un ectoplasme.. C’est franchement la poisse, tu t’en rends compte ?

Il parvint, sans trop savoir comment, à enfiler son caleçon pour se redresser en titubant un peu, une main plaquée sur la gueule, comme si ça servait à retenir le flot d’informations qui lui grignotaient la cervelle, ou à éviter à son reste de neurones de se faire la malle.

Comme si j’te disais non pour des trucs, tu m’prends pour quoi gros tas ?

Zeke lui envoya un très léger coup de pied dans la fesse, avant se frotter les paupières pour essayer de se repérer dans la pièce, sans savoir s’il y avait trop de lumières pour lui ou pas assez. Une chance que la rambarde d’escalier n’était pas trop loin, parce qu’il dut s’y appuyer quand les souvenirs lui bouffèrent d’un coup le cerveau, comme un de ces vieux films, ou épisodes de séries, où les héros remontaient le cours de la soirée.. Un peu à la « Dude where’s my car », ce qui concrètement lui faisait réaliser qu’effectivement, elle était garée où sa putain de caisse ?


- Fais pas te petite pucelle, tu risques rien, je suis là non? J’t’assommerais avant de te jeter sur le serial killer qui se planque ici pour m’enfuir, ton sacrifice sera pas en vain Lee. Promis

Lui il se marre comme un débile mais l’air de rien il resserre l’emprise de sa main sur celle de son pote, entrelaçant ses doigts aux siens comme pour maintenir une prise forte, ou juste par plaisir. Allez savoir. Si Zeke n’est pas un trouillard, pour s’être entrainé pendant des années à fuguer la nuit dans les maisons un peu creepy des familles weirdos qui l’ont accueilli, il doit admettre en silence que les légers sursauts de Lee lui font effet. Et même s’il essaie de garder bonne figure, il a le coeur qui s’emballe un peu, surtout quand il entend des craquement bizarres, et même s’il déconne, il est dans l’expectative. Fantôme ou pas fantôme ? Sans savoir s’il préfère que ce soit l’un plus que l’autre, ou pas.

- Attend!

Zeke se fige dans l’escalier, plaque le bras contre le torse de Lee en penchant la tête comme pour essayer de voir quelque chose dans le couloir qui se profile à l’horizon. Caméra au point, qui filme tantôt le sol tantôt le plafond parce que l’air de rien il a du mal à viser un truc sans avoir la main qui part en vrille, comme ses pieds. S’il tient bien l’alcool, faut admettre que l’adrénaline plus le reste lui fait plus d’effet que d’ordinaire et en regardant Lee, sourire un peu creepy aux lèvres il éclate de rire.

- J’me demande s’ils ont fait le ménage quand y a eu tout ces meurtres.. Y a peut être du sang qui traine un peu partout encore.. Ca serait chouette..
- T’es trop con. Allez… Pourquoi on s’barre pas p’tain!
- Parce que..


Il se place devant Lee et plaque ses lèvres sur les siennes, sa main libre sur la nuque du mec, la caméra qui pendouille au bout de son bras et qui sert plus à grand chose quand il sursaute en entendant un bruit comme un objet qui tombe au sol.



A sa gueule, il avait l’air de clairement apprécier le souvenir douteux d’un baiser, d’un des nombreux baisers sans doute. La voix de Lee le ramèna sur terre, ou sur le plancher de la maison, et un sourire fendit ses lèvres alors qu’il arquait légèrement un sourcil.

Et moi c’bien la première fois que je me souviens pas de la veille à ce point. C’était peut être tellement bien que ça m’a rendu amnésique, tu t’rends compte ! T’as de quoi te vanter là.

Il se fit un peu moqueur avant de sautiller sur place en repérant son portefeuille qui trainait en haut des marches, et en remontant le court escalier, il s’arrêta. Se tournant, il regarda un moment les marches, tâta sa tête et son dos, ainsi que ses coudes et claqua des doigts.

J’crois m’souvenir vaguement d’avoir dévalé les escaliers.. Mais alors comment j’ai fait, ça c’est un mystère. Ca explique le portefeuille mais pas le t-shirt là-haut.. putain c’était mon préféré..

Et si quelque part il se dit que c’était la dernière fois, nul doute qu’à la prochaine il oublierait cette pensée pour recommencer.
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Lee Flaherty
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MessageSujet: Re: Weird shit happens. Sam 29 Mar - 21:53

    C'est l'excitation qui lui crible le ventre, comme un mauvais coup de pioche... Et plus ses doigts se serrent contre ceux de Zeke, plus ça le rend dingue. Ça le rassure pas des masses et il arrive pas à savoir si c'est le sentiment que lui procure la scène et l'endroit ou juste la présence de Zeke à ses côtés. Allez savoir. Il est pas doué pour se rendre compte de ces trucs-là, ce serait même tout le contraire... Suffit pas que ça tournicote un moment dans sa tête pour qu'il comprenne, il est confus, paumé, perdu. Non, vraiment, c'est pas pour lui ces conneries... Rien qu'un petit sentiment de rien du tout, du flirt et du sexe et il défaille. Il est où le grand fou qui manifestait pour Greenpeace déjà? Parti aux oubliettes apparemment. Il colle son corps contre celui de Zeke, dans l'espoir de protéger un minimum.

    -Tes blagues sont de plus en plus à chier, c'est navrant et j'en ai marre, je sais pas pourquoi je traîne avec toi. Je te déteste tu sais?


    Les lèvres de Zeke le prennent par surprise mais il se laisse faire, semblant oublier l'atmosphère flippante qui l'entoure. Vaut mieux s'il veut pas avoir la crise cardiaque tout de suite. En attendant, il profite, laisse ses mains caresser le dos du jeune homme sans trop se soucier du potentiel meurtrier qui se cache là et … BAM.

    -Putain c'est quoi ça? Je te jure qu'on va mourir.
    -Peut-être, faut que je mette ma caméra en route si c'est le cas et réjouis-toi, on aura eu le baiser d'adieu, je suis sûr que t'as kiffé
    .


    Personne sait ce qu'ils font là et même pas eux. C'est sans doute ça qu'est drôle, qui devrait pas lui donner envie de sourire comme un abruti à qui on a donné une sucette après avoir été chez le docteur... Ils sont gamins dans leur tête. Zeke encore plus avec ses bouclettes d'angelot tombé tout droit du ciel. Il devrait pas le suivre dans ses conneries mais c'est plus fort que la volonté même, comme une pression le long de son bras le forçant à y aller. Pas de violence, non, juste une petite part de croyance, d'eux deux aussi. Et c'est con parce qu'il le connaît pas si bien que ça, ils ont pas passé le stade de coucher ensemble et du reste. Au fond, ils sont pas un flirt des débuts, ils ont brûlé les étapes mais ça lui va pour le moment. Il sourit vaguement, attrape le bras de Zeke pour le forcer à rester près de lui. Si on écoutait l'esprit vagabond de Lee, tout le monde resterait nu à chaque instant de la journée et ça se finirait sûrement en un mini Woodstock dans son salon. Encore faudrait-il qu'il ait un salon, et pour cela une maison... C'est l'intention qui compte à ce qu'il paraît alors on va pas se laisser avoir par des formalités de base, right? Non, ça a jamais été son genre à lui alors il va pas laisser des détails lui bouder son plaisir.

    - Hum... Et sinon t'en as d'autres comme ça en stock? T'es pas vraiment un gentleman. Je croyais que c'était ce qu'on faisait, payer le petit dej enfin pas sûr que tu trouves un Paul dans le coin alors je te pardonne. T'as qu'à mettre tes talents sexuels à mon service, ce sera déjà bien. Et je viens de me rendre compte que ça sonne totalement pervers mais ça te dérange pas. C'est une maison hantée, tu crois quoi? Qu'ils vont être reliés à EDF?

    La remarque est suivie d'un coup dans l'épaule, plus amical qu'autre chose... Mais c'est la même rengaine entre eux deux. Quand il embarque pas Zeke dans ses manifs à la con où le type reste le nez collé à sa caméra, l'air de pas savoir quoi foutre d'autre, c'est Zeke qui se charge des plans à la manque. C'est ce qui plaît sans doute le plus à Lee, avoir quelqu'un capable de lui rendre la pareille, d'être aussi dingue que lui. La seule personne au même niveau, capable de lui rendre cette adrénaline impalpable qui l'anime c'est Sadie, dans un tout autre genre. Faut dire qu'il serait foutu capable de crever pour elle, comme un chien sur le bord de l'autoroute. Vous savez quand on demande s'il se jetterait d'un pont pour quelqu'un, ce serait sans doute pour sa gueule... Et Zeke? Il suit la même voie, mais avec plus de tension sexuelle dans l'air. Enfin, non pas qu'elle soit pas résolue. Au fond, Lee se rappelle même pas comment avoir commencé cette histoire qui part dans tous les sens, sans queue ni tête. Si une histoire il y a. Il en est pas sûr... Au fond, il se pose jamais trop de questions sur lui-même, ça lui évite des espèces d'introspection existencielles, celles que tout le monde a un jour ou l'autre. S'il devait regarder sa vie de presque SDF qui squatte chez tout le monde et essayer de se remettre en question, il en aurait pour trop longtemps. Carpe diem c'est un peu old school mais c'est sa façon d'être, l'a toujours été, inspiré par sa bohème de grand-mère. Si un con a quelque chose à redire, qu'il le fasse, Lee c'est un peu Jésus, un sourire et il tend l'autre joue. Mais bon, il s'est dit qu'avoir la barbe et la toge blanche ça le ferait pas alors il se contente d'être lui, et ça passe. Un peu de yoga de temps en temps ça fait pas mal. Peace, guys.

    - Quoi? T'as peur que le majordome t'ait fait des trucs pas cathos? Je te blâme toi, moi j'ai rien fais, je suis plus innocent que personne mais toi... Non, jamais. T'as toujours une idée mal placée derrière la tête alors franchement, je pense que t'es le responsable? Déjà qui a eu l'idée de venir ici pour filmer des trucs? Sûrement pas moi.

    La remarque serait ponctuée d'un na vindicatif que ça n'étonnerait personne. Se chamailler et faire de la merde, c'est bien leur crédo. Ça ressemble plus à deux types qui se tournent autour plus que de raison qu'à deux fuckbuddies mais il préfère ne pas y penser pour le moment... On vous l'a déjà dit, les crises d'identité, c'est pas pour lui. C'est pas qu'une illusion, il est pas doué pour se remettre en cause, piquer là où ça fait mal et ce genre de conneries. C'est pas évident d'être lucide sur soi-même et c'est pas le truc dans lequel Lee est le plus doué. Peut-être même que si quelqu'un d'autre le faisait pour lui ce serait plus pratique. C'est ce que Sadie fait la plupart du temps, lui foutre un poing dans les cotes en lui ordonnant d'arrêter de se foutre de la gueule du monde. Cesser de fuir aussi. Devenir trop sérieux et mettre les voiles. Une de ses spécialités. Pourtant, Lee revient, à chaque fois, juste besoin d'espace, de silence, d'animaux... Aussi bizarre que ça puisse paraître. La nature l'apaise et il emmerde le premier qui le traite de Nicolas Hulot à la manque. C'est pas de sa faute, c'est comme ça qu'il a évolué. A travers une ville aussi polluée que Boston ça l'empêche pas d'apprécier de marcher pieds nus dans l'herbe et de passer pour le weirdo du parc d'à côté. C'est comme ça, point final.

    - Tu dis juste pas non parce que tu sais que je te  rembourserai en nature de toute manière. Tu veux de moi que pour mon corps c'est navrant. Et parce que je suis doué au pieu.

    Le ton est pas méchant, plutôt amusé en fait... Des relations, il en a jamais eu. Pas vraiment en tout cas. Sans doute une meuf en primaire qui lui  a brisé le coeur mais depuis le néant, juste Lee et sa capacité à butiner d'une fleur à l'autre. Ça paraît poétique comme ça mais on sait bien que ça l'est moins quand on y regarde de plus près. S'il en avait quelque chose à foutre, il pourrait très bien tenir un tableau de chasse dans un coin de sa chambre qu'il n'a pas, comme le salon qu'il n'a pas, la maison qui les englobe aussi. Il a jamais été narcissique à ce point. Il est au courant qu'il est pas mal, thank you, pas besoin d'un miroir pour le comprendre, suffit de voir les gens qui gravitent autour de vous. Non c'est pas le problème... S'engager c'est pas dans sa nature, c'est tout. Il part trop souvent, dégringole en cascade bien plus tôt qu'il ne faut pour le dire. Et s'il ressent des espèces de picotement chaque fois que Zeke se retrouve dans les parages ou que le fait de l'embrasser lui fait oublier pas mal de trucs, c'est qu'un hasard de plus, une coïncidence de la vie qui se retrouve sur son chemin. A balayer une fois que le délire sera passé, hein?

    - Je vois pas pourquoi tu te mets à douter de mes talents au pieu. Je suis sûr que je t'ai fais tout oublier. Haha. Ou peut-être que c'est toi qui nous a fait tout oublier, on sait pas.

    Ça a le mérite de le faire marrer au moins, et de réveiller le reste de son corps. Enfin, on se calme hein. C'est pas le moment, c'est la mémoire qui compte Lee.

    - J'ai pas d'explications pour ton esprit trop tordu, tant pis. Bon... Faut peut-être qu'on pense à comment sortir d'ici. J'ai l'impression que faut escalader des trucs et se rouler dans la poussière vu l'état de nos fringues.

    Enfin en espérant qu'il se trouve pas des bleus sur les fesses ou à d'autres endroits suspects. Ce serait trop awkward pour être vrai.


PS : love, sorry d'avoir mis autant de temps j'espère que ça te plaîra, jo les aime

ﺴﺴﺴﺴﺴﺴﺴﺴﺴﺴﺴﺴﺴﺴﺴﺴﺴﺴ

You're just living, man. You're just there, in that moment, in that special place and time. Maybe when I get back, I can write a book about my travels. ©️ by anaëlle.
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Weird shit happens.

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